Illustration engagée

#Iamnotavirus

En janvier 2021, mois des tout premiers débuts du Covid (et notamment de son arrivée en France), j’ai réalisé une illustration visant à dénoncer les pratiques racistes anti-asiatique. En effet, le Covid-19 a ravivé les flammes d’un racisme anti-asiatique qui s’en tenait jusqu’alors majoritairement à un racisme ordinaire, que nous avions du presque « accepter », ou du moins s’en « accommoder », faute d’avoir les moyens de le combattre. Face à la situation, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, déclare : « la pandémie continue à déclencher un raz-de-mariée de haine et de xénophobie, de recherche de boucs émossaires et d’alarmisme », en appelant les gouvernements à « agir immédiatement pour renforcer l’immunité de nos sociétés contre le virus de la haine ».

Le hashtag « jenesuispasunvirus » prend forme, créé et diffusé par la diaspora asiatique en France, avant de s’étendre à l’international sous sa forme anglophone « iamnotavirus ». Notre cri de colère face à l’injustice ambiante et normalisée.

Je me suis emparée de ce hashtag pour l’interpréter avec mon arme la plus forte : le dessin. Le personnage représente une personne blasée, lasse. Elle tient la pancarte avec le fameux hashtag dans la main, et derrière elle, les commentaires racistes devenus quotidiens, comme un CD rayé, comme une rangaine jouée en boucle.

D’ailleurs, et cela a le mérite d’être souligné : ces commentaires ne sont pas fictifs. Ce sont des commentaires dont j’ai moi-même été témoin, que j’ai piochées sur les réseaux sociaux pour les inclure à mon dessin.

J’ai très vite été contactée par de nombreux médias concernant la diffusion de cette image. J’ai eu la chance notamment d’être publiée par KQED, producteur et distributeur de médias audiovisuels à San Francisco ainsi que par l’AAAS (American Association for the Advancement of Science) sur Science Magazine.